Exposition Marcoville : du 6 juillet au 21 septembre 2008
Exposition Marcoville : du 6 juillet au 21 septembre 2008
Le catalogue de l'exposition
Marcoville fait escale à Vichy
Marcoville en quelques dates
Marcoville et ses "nanas
Le catalogue de l'exposition Marcoville
Marcoville (15 x 21 cm - 16p.). 5 euros
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Marcoville fait escale à Vichy
("BANANIERS" Verre découpé, collé, sablé, gravé, coloré, oxydé, 3,50 M X 2 M, 1999)
Après avoir investi et métamorphosé plusieurs musées de France entre 2001 et 2005 (Musée National de la céramique de Sèvres, Musée de la céramique de Rouen, Musée de Berck-sur- Mer et Musée Ariana de Genève…), voici que l’univers bigarré et échevelé de Marcoville fait escale à Vichy avec une exposition de plus de 800 m2, présentée dans les espaces prestigieux du Palais des Congrès-Opéra.
Dans le Salon Napoléon III, l’artiste fait pousser une improbable forêt de verre, peuplée de baobabs, de bananiers et de yuccas et sous les verrières des galeries Strauss et Arlequin, il installe ses “tribus” colorées et bavardes : fières Négresses, diaphanes Geishas, aguichantes Nanas, et même une troupe de manchots qui regarde passer un énorme banc de poissons suspendu dans le vide…
Marcoville en quelques dates
(Portrait de Marcoville. copyright : Serge Lopez)
Marcoville est né à Boulogne-Billancourt en 1939 au sein d’une famille de condition modeste, que le tumulte de la guerre poussera à s’exiler dans la ville de Sens. De ses années d’enfance, il retient deux souvenirs marquants : le dessin et le vélo. Deux activités qu’il pratiquera avec la même passion et le même acharnement : quand il dessine, des heures durant, tout ce qui lui passe devant les yeux et par la tête, quand il avale des kilomètres de bitume à longueur de journée. Avide, toujours, de repousser ses limites.
En 1954, c’est le retour à Paris. Marcoville se profile bientôt comme un jeune espoir du cyclisme, de la course d’endurance. Il se fait remarquer dans la prestigieuse enceinte du vélodrome d’Hiver. Surgit alors une autre guerre, en Algérie. Le jeune homme vivra la tragédie dans les rangs du Génie. Après sa libération, il travaille en qualité de dessinateur. Puis il se met à son compte, créant des décors et des éléments scénographiques pour le monde du spectacle, notamment dans les studios des buttes-Chaumont.
Vers la fin des années 1970, Marcoville abandonne son activité professionnelle pour se vouer pleinement à la création artistique, en parfait autodidacte. Le bois sera son premier champ d’investigation : sculptures taillées dans la masse à la tronçonneuse, mais aussi exercices de virtuosité, avec des meubles en trompe-l’oeil, véritables chefs-d’oeuvre d’ébénisterie illusionniste.
Marcoville, quand il a choisi son médium, a besoin de l’explorer jusqu’au bout. Une fois qu’il maîtrise son sujet, il a tendance à s’en détourner, car le confort du savoir-faire l’ennuie. Il lui faut alors imaginer un autre projet, encore un peu plus fou que le précédent. Le défi permanent est le moteur de son art.
Ayant abandonné le bois, l’artiste se confronte aux matières les plus diverses : paquets de cigarettes usagés, Novopan, grillage, tissu, béton, papier, pierre, acier, bronze. Avec une prédilection marquée pour les matériaux de récupération. Matériaux pauvres qu’il assemble, triture, accumule et transfigure en profondeur, grâce à des techniques parfois complexes et, surtout, de sa propre invention.
Car c’est cela qui l’intéresse dans une matière : développer de nouveaux procédés, inventer de nouveaux tours de main pour lui faire parler un autre langage, en tirer les effets les plus inattendus. Habitués depuis sa plus tendre enfance à “faire des choses avec rien”, Marcoville se sert d’un outillage aussi léger que possible. Tout est dans l’ingéniosité, pas dans la haute technologie.
Depuis les années 1980, l’artiste s’est surtout penché sur le verre. Il n’en est pas devenu verrier pour autant. Le verre est ici “objet trouvé” comme un autre. Une matière que Marcoville - fidèle à lui-même - empoigne sans états d’âme et surtout sans le moindre désir de sacralisation.
Marcoville et ses "nanas"
("Cancan". Verre découpé, sablé, gravé, coloré, 50 x 60 x 30 cm, 1996. Copyright : Serge Lopez)
Déchets de verre industriel découpés, gravés, chargés de rouille ou fardés de couleurs fluorescentes. C’est ainsi qu’il donne vie à la cohorte de ses Nanas et de ses “tribus”.
Figures humaines ou animalières débordantes de vie et de couleurs. Galerie de portraits bon enfant, joyeux, décomplexés, naïfs diront certains.
Pourtant, à y regarder de plus près, la gaieté apparemment insouciante de ces Nanas agitées peu aussi évoquer une course frénétique et désordonnée. Savent-elles seulement où elles vont, ne seraient-elles pas en train de fuir quelque chose ? Et ces magnifiques Négresses qui nous dévisagent avec fierté ? Les parures qu’elles portent avec tant d’aisance sont faites de misérables déchets, emblématiques de notre société de consommation…
Rien n’est simple chez Marcoville, même quand son oeuvre s’offre, à première vue, sous des abords innocents et aimables. Et gare à celui qui chercherait à caresser toutes ces accortes personnes de verre : leurs contours peuvent être terriblement tranchants !
Il n’en est pas moins vrai que ces créatures respirent et transmettent la bonne humeur. L’artiste les définit lui-même comme des “récréations” propres à égayer ses journées de labeur. Mais aussi comme des gestes provocateurs, à l’adresse d’un microcosme bien-pensant qui règne sur la scène de l’Art contemporain, si foncièrement sérieux et sûr de lui.
À dire vrai, les travaux de Marcoville qui constituent l’épicentre de son oeuvre sont ceux qui touchent à la démesure. Quand l’artiste, inlassablement et des mois durant, enchaîne dix mille fois les mêmes gestes pour découper dix mille maquereaux de verre, un gigantesque banc de poissons qu’il fait flotter dans les airs. Ou quand il réduit son verre en une myriade de morceaux, pour les coller ensemble et les empiler jusqu’à former des arbres exotiques qui s’élèvent à trois mètres du sol et pèsent bien leurs quatre cents kilos.
Bref, l’expression de Marcoville atteint sa juste puissance quand l’artiste retrouve le coureur de fond. Et cet insatiable besoin de se dépasser de soi-même, encore et toujours. Toujours plus loin, plus haut, plus grand. Quitte à se faire souffrir, jusqu’à l’ivresse, parce qu’au bout du chemin il y a forcément un rêve. Et après ce rêve, un autre… C’est ainsi que Marcoville constamment avance. Pour inventer et révéler des paysages inconnus. On comprend bien que cet homme-là ne saurait se répéter.
Pour Vichy, il a souhaité évoquer Coco Chanel... À chaque exposition, il se doit de se surprendre avec quelque nouvelle performance. Sur les 800 m2 du Palais des Congrès-Opéra, il est évident que ce poète de l’effort, athlète de la création, nous fera sourire et nous étonnera.
Coordonnées
Exposition Marcoville
Du 6 juillet au 21 septembre
Infos pratiques
Où ?
Exposition au Palais des Congrès-Opéra de Vichy
Salon Napoléon III
Galeries de l’Arlequin et Strauss
Bar de l’horloge
(entrée par l’Esplanade)
A quelle heure ?
- Vernissage le 5 juillet 2008 à 19h en présence de l’artiste.
Ouverture publique du 6 juillet au 21 septembre 2008 (fermeture du 25 au 29 Août)
Tous les jours du mardi au dimanche de 14h à 19h, les samedis de 10h à 19h
Nocturnes jusqu’à 22 h et ateliers dans le cadre des “jeudis de Vichy” :
- les 10, 17, 24, 31 juillet
- les 7, 14, 21 août.
Combien ça coûte ?
- 3 euros pour les adultes
- 1,50 euros pour les 7/18 ans
les étudiants et demandeurs d’emploi.
Gratuit pour les enfants de moins de 7 ans.
- Visites guidées : (réservation à l’Office du Tourisme : 04 70 98 23 83)
Les tarifs suivants comprennent le droit d’entrée à l’exposition et la visite guidée de 45 mn.
Pour les groupes : 5 euros par personne.
Où retirer ses billets ?
Billetterie de l’Opéra - rue du parc
Tél. 04 70 30 50 30 / 56
Email : billetterie.opera@ville-vichy
Derniers billets : 30 mn avant la fermeture
Visites et ateliers “NANAS MOBILES”
Pour les scolaires et les centres de loisirs : tous les matins du mardi au samedi
Réservation indispensable au Service des expositions : 06 89 66 08 20
Contact
Service des Expositions
Centre Culturel Valery-Larbaud
20 rue Maréchal Foch, Vichy
Tel : 04 70 30 55 74
Plus d'infos :
Lire l'interview de Marcoville paru dans le Journal de la Ville, "C'est à Vichy", juin 2008 (dernière page)
